Il obtient de nombreux prix qui récompensent son travail. En 1784, grâce au tableau «La Cananéenne aux pieds de Jésus», il remporte le Second Grand Prix de Rome. En 1786, il décroche son brevet de Pensionnaire à l'Académie de France à Rome où il parfait ses dons jusqu'en 1791. Peu de temps après, retour à Paris où il ouvre son atelier pour y former de nombreux élèves. Puis escapade en Espagne avec Lucien Bonaparte avec qui il partage «l'idéal républicain» pour l'aider à collecter des oeuvres d'art relatives à l'histoire.
Il revient à Paris où son atelier ne désengorge pas. Deux écoles sont en concurrence : la sienne et celle de David. Dans la première, les élèves «passent pour des révolutionnaires en matière d'art», dans la seconde ils «exagèrent le classicisme de leur maître». Les idéaux politiques de ces deux grands artistes du XVIIIe siècle divergent jusque dans leur art. Suite à une rixe qui tourne mal avec des officiers, Lethière voit son atelier fermé par ordre du gouvernement et doit quitter la capitale. Avec l'appui constant de Lucien Bonaparte, son remarquable parcours et son formidable talent sont pleinement reconnus en 1807 lorsqu'il devient Directeur de l'Académie de France à Rome. Il y peindra l'un de ses plus célèbres tableaux, «Brutus »-commandé par Lucien Bonaparte-, qui sera exposé au Louvre en 1819.
Durant sa parenthèse italienne, la France a perdu son statut d'Empire pour redevenir une Royauté. Louis XVIII s'est sans doute souvenu des convictions républicaines du peintre lorsqu'il refuse son élection, en 1816, à l'Institut. Guillaume Guillon-Lethière y est cependant réélu en 1818 et décoré de la Légion d'Honneur la même année. Il ouvre un nouvel atelier et découvre de nouveaux talents comme Jean-Baptiste Gibert, né comme lui en Guadeloupe. Il meurt du choléra le 21 avril 1832 à l'Institut, devenu son domicile. Alexandre Dumas, autre fils de mulâtre et grand ami de Lethière, lira un éloge sur sa tombe au cimetière de Montmartre.
Ma récente visite au très célèbre Musée du Louvre, m'a permis de renouveler le constat que G. Guillon-Lethière, en France, est encore relégué au rang des souvenirs. Il est en effet scandaleux de constater que l'un des plus grands peintres Français du XVIII ème siècle originaire de la Guazudeloupe ; soit aussi mal traité dans le plus grand Musée de France, le plus célèbre du monde.
Deux de ses toiles majeures, sont placées en des lieux où aucun visiteur ne peut décemment les apprécier à leur juste valeur. On peut par comparaison constater que d'autres peintres qui se sont moins bien illustrés dans leurs parcours respectifs sont mieux valorisés.
D'autre part, dà la librairie du Louvre, pas un seul document qui mentionne la présence de ce peintre. J'ai interrogé les responsables à l'accueil de cette librairie, qui ont fait des
recherches dans les fichiers informatiques. Le nom de Lethière n'apparaît nulle part.
Voilà un grand peintre français, Prix de Rome, deux fois Directeur de l'Académie Royale, Directeur de l'Académie des beaux Arts, grand ami du célèbre peintre Ingres qui est le parrain d'un de ses fils, est pratiquement invisible au Louvre, il n'est mentionné dans aucun manuel scolaire, il n'est présent dans aucune revue du musée.
Le plus scandaleux : Il ne figure pas dans l'unique et très officielle édition 2005 de la collection du Musée du Louvre. Dans la rubrique Peinture, consacrée à son époque, il brille par son absence.
NDLR Une fois de plus, la France, démontre comment elle a du mal, à la fois avac son passé colonial et la réalité du multiculturalisme
Enfin, Il ya de cela quelques années, le célébre tableau de Guiloo-Lethiere, « les Serment des ancêtres » représentant Pétion et Dessalines et qu’on croyait perdu a été retrouvé au Louvre, restauré , très officiellement remis au Gouvernement haïtien, par le biais d’une opération initiée par le Conseil général de la Guadeloupe l’Artchipel . Ce tableau est exposé, nos informations , à la cathédrale de Port au Prince..

Culture : La discrimination francaise continue…
GUADELOUPE. Pointe à Pitre Mardi 18 aout 09 Caribcreole.com. Né en Guadeloupe à Sainte-Anne, le 10 janvier 1760 , fils naturel de Pierre Guillon, alors procureur du roi en Guadeloupe et de Marie Francoise esclave noire, Guillaume Guillon-Lethière passe une bonne partie de son enfance en Guadeloupe.. À quatorze ans, le jeune métis suit son père en France. Ce dernier l'inscrit à l'Ecole de Dessin de Jean-Baptiste Descamps , à Rouen, tant les dons pour le dessin du jeune Guillaume sont grands. À 17 ans, le jeune homme devient l'élève de François Doyen, peintre du roi.
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