Arrêter la polémique et revenir au programme, tel semble être désormais la consigne au sein de l’équipe de Valérie Pécresse. Mercredi après-midi, le maire de Franconville, Francis Delattre, à l’origine des accusations contre Ali Soumaré, candidat tête de liste (PS) aux élections régionales dans le Val-d’Oise, qu’il avait qualifié de “délinquant mutirécidiviste chevronné”, lui a présenté, dans un communiqué signé de ses deux avocats, “ses excuses publiques pour cette erreur”. Il accède donc à la volonté du PS, qui avait exigé, mardi par la voix de Pierre Moscovici, cette démarche de la part de l’édile.
“Il est exact que le jugement du 8 février 2007 pour faits de vol aggravé, vol avec violence et usage de cartes de paiement contrefaites concerne son homonyme.” Le reste du communiqué, cependant, assure que les quatre autres “événements judiciaires” survenus à la tête de liste PS dans le Val-d’Oise existent bel et bien.
Après plusieurs jours de silence radio, les langues se délient peu à peu au sein du parti présidentiel concernant l’affaire Soumaré. Mercredi 24 février, soit cinq jours après les accusations portées par les élus UMP, Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la ville, a en effet pris la défense du jeune candidat socialiste, dénonçant la campagne “puante” qui ne fait “pas honneur à la vie politique” menée contre lui par des élus UMP. “Je pense qu’on est dans des dérives et des dérapages qui ne sont pas bons en réalité pour la vie politique”, a-t-elle déclaré. Des propos qui font écho à ceux d’Eric Raoult, député-maire du Raincy.
Ecarté de la liste UMP en Sei
ne-Saint-Denis par Valérie Pécresse, l’édile n’a pas manqué l’occasion de souligner les erreurs de campagne de la tête de liste régionale de sa famille politique : “Tout cela montre que Valérie Pécresse connaît mal le terrain. Elle n’aime pas les gens, elle a eu une réaction ’sociale’ face à Ali Soumaré. Elle a tort. S’il gagne, elle va le croiser tout le temps à l’assemblée régionale, elle devra lui serrer la main. Il sera peut-être même vice-président ! Mais pour avoir les voix des gens, il faut les aimer. Valérie [Pécresse] ne comprend pas cette France-là. Elle incarne la droite rétro”, tance l’ancien ministre.
A Paris également, l’équipe de campagne de l’UMP sonne l’alarme : “Si nous continuons de mener ce type de campagne nous sapons nos chances, estime Pierre-Yves Bournazel, conseiller de Paris et candidat aux régionales. “Il faut revenir aux fondamentaux du projet présidentiel pour la région : le Grand Paris voulu par Nicolas Sarkozy. Je ne veux pas retourner à bord de la machine à perdre” glisse cet ancien collaborateur de Françoise de Panafieu lors de la dernière campagne municipale.
Il n’est pas certain qu’il soit entendu. “Moi je ne regrette pas la polémique de ces derniers jours, a déclaré, mercredi 24 février, Axel Poniatowski, tête de liste UMP dans le Val-d’Oise. Ce que je regrette, c’est le cas de la condamnation erronée, du fait d’un homonyme, qui a été divulguée.” Et d’ajouter : “Il est clair [qu’Ali Soumaré] a quand même un bagage qui est assez lourd (…) compte tenu du nombre de condamnations dont il est l’objet” persiste-t-il.
Samuel Laurent et Eric Nunès
Photo AFP/Dominique Faget

Ali Soumaré : la droite prise en flag