AFRIQUE-ROYAUME UNI: LES AFRICAINS RESIDANT EN ANGLETERRE SONT OUBLIES DES PROGRAMMES VIH BRITANNIQUES.

AFRIQUE-ROYAUME UNI: LES AFRICAINS RESIDANT EN ANGLETERRE SONT OUBLIES DES PROGRAMMES VIH BRITANNIQUES.

 Chaque année, les Africains, qui représentent jusqu'à 70 pour cent des nouveaux de cas de contamination
au  VIH par voie hétérosexuelle au Royaume-Uni, doivent se battre pour avoir accès aux programmes et aux services de prévention de l'épidémie, selon des groupes de défense des droits des personnes séropositives.


D'après un rapport rédigé en 2007 par le bureau parlementaire du Royaume-Uni pour la science et la technologie, parmi toutes les
communautés, les Africains représentent le nombre le plus important de nouveaux cas de contamination au VIH.


« Selon les estimations, près de 25 000 personnes nées en Afrique subsaharienne vivaient avec le VIH au Royaume-Uni en 2006, soit une proportion 50 fois supérieure à celle enregistrée parmi la population blanche », a indiqué le rapport.


Malgré ces chiffres alarmants, les connaissances de ce groupe en matière de prévention du VIH reste très faible, selon les résultats d'une évaluation sur les besoins de prévention chez les Africains vivant en Angleterre, menée dernièrement par le groupe de recherche, Sigma.
« Seize pour cent [des personnes interrogées] ignoraient qu'il était possible d'être séropositif sans le savoir, et un pourcentage
semblable ne savait pas qu'il était impossible de déterminer qu'une personne était infectée par le virus simplement en la regardant », a souligné Sigma.
Les résultats de l'étude, dans le cadre de laquelle plus de 4 100 hommes et femmes originaires d'Afrique ont été interrogés, ont indiqué que 48 pour cent des Africains vivant en Angleterre n'avaient jamais subi un test de dépistage du VIH.


En outre, toujours selon l'étude, plus d'une personne interrogée sur 10 a confié avoir voulu se faire dépister, mais ne pas avoir su où aller.
De tels résultats soulignent le besoin de diffuser davantage d'informations sur l'accès aux services de dépistage.
Les hommes ayant eu plusieurs partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois étaient plus nombreux que les femmes, un homme sur huit ayant déclaré avoir eu au moins cinq partenaires au cours de l'année précédente. Les hommes bisexuels ou homosexuels avaient eu plus de partenaires sexuels  que les hommes uniquement hétérosexuels. Les hommes bisexuels semblaient
être le groupe ayant le moins de connaissances en matière de VIH/SIDA.


L'utilisation du préservatif parmi les personnes interrogées était irrégulière. En effet, 25 pour cent des personnes ayant indiqué avoir
eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, ont confié ne pas avoir utilisé de préservatif, les femmes étant moins nombreuses que les hommes à avoir eu des rapports sexuels protégés.

Une personne interrogée sur 10 a dit avoir eu, ou avoir certainement eu, des rapports sexuels non protégés avec une personne ayant un statut sérologique différent du sien, au cours de l'année précédente. Selon les estimations, 30 pour cent des personnes ayant utilisé des
préservatifs ont dit que ceux-ci s'étaient déchirés ou avaient glissé lors des rapports sexuels, soulignant la nécessité d'une meilleure
information sur l'utilisation du préservatif. Un quart des personnes sondées ignoraient que les préservatifs étaient disponibles gratuitement dans les cliniques ou autres fournisseurs de services.


Toujours d'après le même rapport, « les programmes visant à promouvoir l'utilisation du préservatif devraient souligner l'importance de la
négociation du préservatif et faire en sorte que le fait d'avoir un préservatif sur soi et d'en utiliser soit plus amplement accepté, sur
le plan social. »
Les chercheurs ont noté que l'accès aux services de santé était particulièrement difficile pour les immigrants clandestins, qui
craignent souvent de se faire arrêter ou expulser, s'ils cherchent une aide médicale.
Bon nombre d'entre eux ont fui des conflits au cours desquels ils ont peut-être été victimes de violence sexuelle, ou contraints à se
prostituer, étant ainsi exposés au risque VIH.
Le African HIV Policy Network (AHPN), un réseau d'ONG basé au Royaume- Uni ayant collaboré avec Sigma, dans le cadre de l'enquête, a estimé que   chaque année, au Royaume-Uni, deux fois plus de femmes africaines que d'hommes
apprenaient leur séropositivité, une réalité qui fait écho à l'épidémie qui ravage le continent africain, où le nombre de contaminations chez les femmes est supérieur à celui enregistré parmi les hommes.


Selon l'AHPN, afin de réduire le nombre de nouvelles infections au VIH parmi les Africains vivant en Angleterre, davantage de fonds publics devraient être consacrés aux programmes de prévention destinés à ce groupe, de meilleurs programmes d'éducation sexuelle devraient être offerts dans les écoles accueillant de nombreux élèves africains, et les programmes de prévention devraient être plus accessibles et adaptés à un public africain.